SOMMAIRE
- Définition
- Les charges non récupérables
- Charges récupérables
- La répartition des charges entre propriétaire et locataire
- Différence entre provision pour charges et charges forfaitaires
- La régularisation des charges après le départ du locataire
- FAQ
Ce qu'il faut retenir
Les charges récupérables, comme l'entretien des parties communes ou le chauffage, doivent être payées par le locataire.
Le propriétaire assume des charges non récupérables, comme les réparations importantes ou les impôts locaux.
Une égale répartition des charges entre locataire et propriétaire est rarissime.
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La location d’un logement à titre de résidence principale a pour contrepartie le versement d’un loyer par le locataire, mais aussi, le paiement de charges liées à l’utilisation du bien. Certaines sont imputables au locataire et d’autres au propriétaire bailleur. Quelles sont ces charges locatives ? Comment se répartissent-elles ? Rappel des règles pour éviter les litiges.
Charges locatives | De quoi s’agit-il ?
Les charges locatives désignent toutes les dépenses de fonctionnement induites par la location d’un logement (ascenseur, chauffage collectif, entretien de l’immeuble, etc.), qu’il s’agisse d’un bail d’habitation vide ou meublé.
Parmi ces coûts, il faut distinguer :
- Les « charges non récupérables », dont le montant doit être assumé en totalité par le bailleur ;
- Les « charges locatives récupérables », payées initialement par le propriétaire, mais dues par le locataire. Ces dépenses sont remboursées au propriétaire par le locataire, en même temps que le versement du loyer mensuel, soit de manière forfaitaire ou sous la forme d’une provision sur charges (avance de frais) qui fait l’objet d’une régularisation annuelle.
Quelles sont les charges locatives qui incombent au propriétaire ?
Le propriétaire bailleur doit aussi assumer certaines charges, qu’il ne peut réclamer à son locataire :
- Les frais et charges de la copropriété : honoraires du syndic, achats des boîtes à lettres, etc. ;
- Les réparations liées à la vétusté du bien immobilier ou des équipements (chauffe-eau, chaudière, baignoire…), les éventuels vices de construction ou de malfaçons, les dégâts causés par des intempéries ou actes de vandalisme, etc. ;
- Les gros travaux : changement des fenêtres, des gouttières, de l’installation électrique, etc. ;
- Les travaux d’amélioration de l’immeuble : toiture, ravalement de façade… ou du logement en lui-même : changement de la cuisine, installation d’une douche à l’italienne, etc. (sauf si le fait est la cause du locataire) ;
- Les travaux imposés par les pouvoirs publics (décret du 9 septembre 2004) : raccordement au système de tout à l'égout, mise aux normes d'un ascenseur, installation de portes coupe-feu, etc. ;
- Les impôts locaux, notamment la taxe foncière annuelle.

Quelles sont les charges dont le locataire est redevable ?
Les charges locatives récupérables par le propriétaire sont définies dans le décret n°87-713 du 26 août 1987 et concernent notamment :
- Les salaires et cotisations sociales versés aux employés d’immeubles et gardiens le cas échéant ;
- Les ascenseurs : charges d’exploitation de l'appareil (électricité, entretien, nettoyage, réparations, etc.). A noter, le coût du contrôle technique du matériel (tous les 5 ans) n'est pas récupérable ;
- La production et distribution d’eau froide, eau chaude et chauffage collectif : il peut s’agir de la consommation propre au locataire en cas de raccord collectif, de l’eau nécessaire à l'entretien des parties communes et espaces extérieurs, des réparations de fuites ou encore de l’entretien des épurateurs de fumée ;
- Les parties communes intérieures et extérieures : dépenses liées à l’éclairage, à l’entretien et à la propreté, à la réparation ou au remplacement de petits équipements (minuterie, tapis, jeux pour enfants…), ainsi que des frais de personnel d'entretien ;
- Les taxes et redevances (enlèvement des ordures ménagères, redevance pour l’assainissement, etc.) sont dues par le locataire.
En dehors de la liste exhaustive présente au décret n°87-713, aucune autre charge locative ne peut être réclamée au locataire au risque d'être considérée comme une charge locative abusive.
Toutefois, le locataire reste responsable de l’entretien courant et des réparations des parties privatives dont il a l’usage exclusif. On peut citer, par exemple, le nettoyage des moquettes, le graissage des menuiseries, le remplacement des joints des robinets, etc.

En l’absence de parties communes, les charges locatives récupérables sur un locataire en maison individuelle se limitent généralement aux services dont profite le locataire, principalement la taxe d'enlèvement des ordures ménagères.
Comment sont réparties les charges entre le locataire et le propriétaire ?
La répartition des charges suit des principes stricts qui dépendent de la nature des dépenses. Une répartition égale des charges entre le locataire et le propriétaire est rarissime.
Il peut y avoir égale répartition des charges lorsqu'il y a :
Un accord contractuel entre le propriétaire et le locataire
Si le bail prévoit une clause spécifique qui stipule une répartition égale pour certaines charges, cela pourrait être appliqué. Cet accord doit respecter les limites légales, notamment concernant les charges récupérables.
Partage volontaire des charges en copropriété
Dans certaines petites copropriétés ou dans des arrangements amicaux, un partage égal des charges peut être convenu entre les parties. Cependant, cela reste informel et devrait être écrit pour éviter les conflits.
Colocation ou en présence d'une location à usage mixte :
Si une maison est louée en colocation ou partagée par plusieurs parties, certaines charges peuvent être réparties de manière égale, mais cela concerne surtout les locataires entre eux et non directement entre le propriétaire et les occupants.
L'égale répartition des charges entre le locataire et le bailleur est à la limite de légalité dans certains cas. Le propriétaire ne peut pas imposer au locataire de payer des charges ou des travaux qui relèvent légalement de ses propres obligations. Une clause illégale dans le bail peut rendre le bail caduc.
Quelles différences entre « provision pour charges » et « charges forfaitaires » ?
La façon dont le propriétaire peut récupérer les charges locatives auprès du locataire est définie dans loi n°89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, et précisée par la loi Alur de 2014. En fonction du type de contrat de location (vide ou meublé), une ou deux solutions sont possibles.
Forfait de charges : un montant fixe
Il s’agit d’indiquer, dans le bail de location, une somme forfaitaire définie d'après une estimation des coûts réels et/ou en prenant en compte ce que payait l'ancien locataire. Le montant des charges forfaitaires est fixe et ne donne lieu à aucune régularisation.
C’est la solution la plus simple pour récupérer les charges locatives auprès du locataire, mais aussi la plus problématique : le propriétaire ne peut rien réclamer en plus si le coût réel des charges dépasse les prévisions, et le locataire peut être amené à payer davantage que ce qu’il aurait dû.
Le paiement forfaitaire des charges locatives n’est possible que pour les contrats de colocation (nu ou meublé) et les locations meublées.
Provision pour charges : un remboursement à l’euro près
Pour récupérer les dépenses locatives auprès du locataire pour leur montant réel, le propriétaire doit mettre en place une provision sur charges. Celle-ci correspond à une avance sur frais estimée à partir des coûts réels liés à la jouissance du bien locatif, payée par le locataire de manière régulière et pour un même montant.
Ensuite, le bailleur doit procéder à une régularisation annuelle des charges locatives, selon les charges réelles constatés (justificatifs des charges locatives réclamées par le bailleur à l’appui) ou après le résultat des comptes du gestionnaire de résidence par exemple. Cette solution est donc plus juste, mais aussi plus complexe à mettre en place.
La provision pour charges est obligatoire pour tous les baux d’habitation vide (article 23 de la loi du 6 juillet 1989). Il est également possible d’opter pour cette méthode en location meublée ou en colocation.

Comment se déroule la régularisation des charges en cas de départ du locataire ?
Lorsqu’un locataire quitte un logement, le propriétaire dispose de deux mois à compter de la remise des clés pour restituer le dépôt de garantie. Ce délai est réduit à un mois si l’état des lieux de sortie ne signale aucune dégradation locative. Cependant, les charges de copropriété étant généralement arrêtées sur une base annuelle, il est fréquent que les montants exacts ne soient pas connus au moment du départ du locataire.
Pour gérer cette situation, le propriétaire est autorisé à retenir jusqu’à 20 % du dépôt de garantie après le délai légal de restitution. Ce montant permet d’anticiper les éventuelles régularisations liées aux charges. Une fois les comptes annuels de l’immeuble définitivement approuvés, le propriétaire doit procéder à la régularisation définitive des charges. Le solde restant, s’il y en a, doit alors être restitué au locataire dans un délai d’un mois après l’arrêté des comptes, sans intérêts.
FAQ
Qu’est-ce qu’une charge locative abusive hors décret 87-713 du 26 août 1987 ?
Les charges locatives récupérables sont détaillées dans le décret 87-713 du 26 août 1987. En dehors de cette liste, les coûts répercutés par le propriétaire sont considérés comme des charges locatives de nature abusive. De plus, les charges dont la nécessité n'est pas prouvée ou dont le montant est excessif comparé aux frais réels payés, sont aussi jugées comme abusives.
Le propriétaire peut-il augmenter la part de charges du locataire ?
Le propriétaire peut augmenter la part de charges du locataire, mais cette augmentation doit respecter certaines conditions. Elle doit être prévue dans le contrat de location ou résulter de la révision annuelle des charges, qui peut être ajustée en fonction des dépenses réelles engagées par le propriétaire. Si l'augmentation dépasse un certain seuil ou concerne des charges non spécifiées dans le bail, le propriétaire doit en informer le locataire et justifier cette réévaluation avec les pièces justificatives nécessaires.
Le locataire peut-il demander des justificatifs sur les charges ?
Le locataire peut demander les pièces relatives à la régularisation annuelle des charges depuis le 1er septembre 2015. D'ailleurs, le propriétaire est tenu de conserver ces justificatifs durant 6 mois après l’envoi du récapitulatif au locataire.
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- Définition
- Les charges non récupérables
- Charges récupérables
- La répartition des charges entre propriétaire et locataire
- Différence entre provision pour charges et charges forfaitaires
- La régularisation des charges après le départ du locataire
- FAQ